
Dans notre dernier article sur la gouvernance, nous abordions un constat important : lorsqu’une gouvernance ne fonctionne pas, le problème ne vient pas nécessairement de sa structure.
Les rôles peuvent être définis. Les comités peuvent être en place. Les mécanismes d’approbation peuvent être documentés. Et malgré tout, les projets peuvent ralentir et les décisions devenir de plus en plus difficiles à prendre.
Il existe toutefois un autre phénomène que nous observons dans les projets de transformation : lorsque le leadership manque, les organisations ont parfois tendance à ajouter de la gouvernance pour compenser.
On ajoute alors :
L’intention est généralement bonne : mieux encadrer le projet et réduire les risques.
Mais à partir d’un certain point, cette gouvernance supplémentaire ne sécurise plus le projet. Elle crée des bloquants.
Une bonne gouvernance doit permettre à une organisation de savoir clairement qui décide, sur quoi et à quel moment.
Son objectif n’est pas de faire passer chaque décision entre les mains du plus grand nombre de personnes possible.
Pourtant, lorsqu’une organisation manque de leadership ou que les décideurs hésitent à assumer certaines décisions, un processus qui devrait être simple peut rapidement devenir :
La décision finit peut-être par être prise, mais entre-temps, le projet a perdu plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Ces délais peuvent sembler relativement anodins lorsqu’on les regarde individuellement.
Une approbation supplémentaire de deux jours. Une rencontre reportée à la semaine suivante. Une décision qui doit finalement remonter au comité directeur.
Mais dans un projet de transformation qui implique des dizaines ou des centaines de décisions, ces délais s’accumulent.
C’est là qu’apparaît une forme de bloquant organisationnel :
Pendant ce temps, le projet continue de consommer du temps, de l’énergie et des ressources.
Le problème n’est donc plus simplement administratif. Il devient opérationnel et financier.
C’est ici que la distinction entre gouvernance et leadership devient importante.
La gouvernance établit le cadre dans lequel les décisions doivent être prises.
Le leadership permet d’assumer ces décisions et de faire avancer l’organisation à l’intérieur de ce cadre.
Lorsque les responsabilités, les objectifs et les limites sont clairs, les leaders devraient pouvoir :
Sans ce leadership, même une excellente structure de gouvernance peut devenir lourde.
Chaque incertitude remonte d’un niveau. Chaque risque nécessite une approbation. Chaque désaccord devient une nouvelle rencontre.
Graduellement, la gouvernance commence alors à gérer des décisions qui devraient être prises directement par les personnes responsables.

C’est l’un des paradoxes de la surgouvernance.
Ajouter des mécanismes de contrôle peut donner l’impression de réduire le risque. Mais lorsque ces mécanismes ralentissent considérablement la prise de décision, ils peuvent eux-mêmes devenir une source de risque.
Dans un projet de transformation :
Une organisation incapable de décider sans convoquer plusieurs niveaux de gouvernance perd alors une partie de sa capacité d’adaptation.
La question à poser n’est donc pas seulement :
« Avons-nous suffisamment de contrôles? »
Mais également :
« Avons-nous donné aux bonnes personnes l’autorité nécessaire pour décider? »
Certains signes devraient attirer votre attention :
Dans ces situations, ajouter une nouvelle structure ne réglera probablement pas le problème.
Il faut plutôt se demander si le niveau de leadership, d’autonomie et d’imputabilité est suffisant.
L’objectif n’est évidemment pas de réduire la gouvernance au minimum.
Une gouvernance insuffisante entraîne ses propres problèmes : décisions incohérentes, responsabilités floues, priorités contradictoires et risques mal gérés.
L’enjeu consiste plutôt à créer juste assez de gouvernance pour assurer le contrôle nécessaire, sans retirer aux leaders leur capacité d’agir.
Pour y arriver, quatre questions peuvent guider la réflexion :
La décision devrait être prise au niveau le plus pertinent possible, par une personne qui possède à la fois l’information et l’autorité nécessaires.
Tout ne mérite pas l’attention du comité directeur. Les critères d’escalade devraient être clairement établis.
Les équipes doivent savoir jusqu’où elles peuvent agir de façon autonome sans demander une nouvelle approbation.
Revenir constamment sur des décisions déjà prises crée du travail inutile, ralentit les équipes et affaiblit l’imputabilité.
Une fois ce cadre établi, le leadership doit pouvoir prendre le relais.

Les organisations performantes n’ont pas nécessairement moins de gouvernance.
Elles ont une gouvernance plus claire, plus simple et mieux alignée avec leurs mécanismes de décision.
Et surtout, elles ne demandent pas à leur gouvernance de compenser un manque de leadership.
Chez BCC Global inc., nous accompagnons les organisations dans leurs projets de transformation en travaillant autant sur les structures et les processus que sur les mécanismes qui permettent réellement de faire avancer les décisions.
Parce qu’au bout du compte, la performance d’une gouvernance ne se mesure pas uniquement au nombre de contrôles mis en place. Elle se mesure aussi à sa capacité à permettre aux bonnes personnes de :
Votre projet semble ralenti par les processus, les validations ou la prise de décision?

Réservez un appel avec notre équipe afin d’évaluer vos mécanismes de gouvernance et d’identifier les leviers qui pourraient permettre à votre organisation d’avancer plus efficacement.